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Internet et l'élection présidentielle

Bilan d'une campagne sur le Net. Compuware dresse un bilan d’Internet comme outil politique, suite aux tests des différents sites qui ont compté lors de l’élection présidentielle.

Compuware France a procédé, lors de la récente élection présidentielle, à une campagne de tests sur les sites Internet des principaux candidats (lors de trois séries de tests successives) et des médias (avec deux tests les soirs du premier et deuxième tour).

A l’heure du bilan, et à l’aube de nouvelles échéances politiques, il convenait de revenir sur les conclusions de cette campagne pour dresser un tableau d’Internet, nouvel outil de communication citoyenne en France.

Des infrastructures solides et bien dimensionnées

Les différents tests effectués par Compuware, durant cette période électorale, ont permis d’obtenir une vue d’ensemble représentative de la qualité et de la pertinence des infrastructures choisies par les équipes de campagne pour présenter sur le net les programmes de leur candidat respectif.

Dans la grande majorité des cas, cette campagne de tests confirme la validité des choix effectués. En termes de performances, de disponibilité et d’accessibilité, les sites des candidats se sont révélés excellents et bien au-dessus de la moyenne des sites Internet. Cette constatation est à relativiser en fonction de la faible affluence moyenne sur ces sites. Alors que certains sites de médias peuvent constater plusieurs millions de connexions simultanées, les sites des candidats se sont souvent limités à quelques milliers.

Cette excellence générale est révélatrice de l’attention portée par les candidats à ce nouveau média jusqu’à présent fort discret lors des campagnes électorales. Elle témoigne également des progrès réalisés en matière d’architecture web par les différents acteurs du marché. En effet, une grande majorité des sites a été conçue ou/et hébergée par des prestataires extérieurs. Cette délégation ne retire rien, bien au contraire, à l’investissement réalisé par les équipes de campagne, aussi bien en termes d’hommes, pour la mise à jour souvent quotidienne de ces sites et l’interactivité avec les internautes, qu’en termes financiers puisque ce sont des centaines de milliers d’euros qui ont été affectés à ces supports par nature éphémères.

Internet, naissance d’un outil de communication politique interactif

Au-delà de l’aspect technique, le décollage d’Internet comme véritable support de communication politique est confirmé par les différents webmestres des partis politiques. Tous ou presque ont constaté une hausse des visites, suite aux interventions télévisées des candidats.

Cette recrudescence vient valider qu’Internet est désormais considéré comme un outil particulièrement pertinent lorsqu’il s’agit d’obtenir des compléments d’information et des détails spécifiques que la télévision ou la radio ne permettent pas d’obtenir par leur format nécessairement restreint ou par leurs contraintes horaires.

De même, les nombreux « chats » et échanges « email » qui ont eu lieu avec les différents candidats au cours de la campagne tirent parti de l’interactivité, de la souplesse et de la rapidité d’Internet qui, a contrario des médias « traditionnels », autorise ce type de communication et redonne un sens aux notions de politique participative et d’engagement citoyen.

Des progrès restent possibles

Pour autant, l’impact de la communication politique sur Internet au moment d’une campagne est à relativiser au regard du nombre de visiteurs uniques sur les sites – les sites les plus ambitieux estiment les connexions uniques entre 5 et 10 000 par jour avec des pics de 40 à 60 000 le soir du premier et du deuxième tour mais la moyenne globale est sans nul doute bien en deçà. De même, l’influence de ce média émergeant, hors étude spécifique, est difficile à qualifier quand il s’agit de mesurer son pouvoir de conviction ou d’incitation à aller voter. Internet, en tant que moyen de communication récent, ne possède pas aujourd’hui la maturité des médias plus traditionnels.

La comparaison avec les net-campagnes américaines permet de constater des différences de développement et également de constituer certains garde-fous. Les disparités résident aussi bien dans les objectifs que dans les enjeux. Alors qu’aux Etats-Unis, Internet est un support de « publicité » politique (dont les règles sont très différentes avec la possibilité de procéder à de la publicité négative par exemple) et un outil de « fund raising », le marketing politique en ligne n’a pas encore été intégré dans le programme politique des candidats français.

Si les infrastructures sont désormais rôdées, une véritable réflexion reste à faire sur le contenu et les nouveaux modes de communication qu’ouvre Internet, pour que cet outil soit exploité au maximum de ses possibilités.

Extrait de Computer.fr, du 29 mai 2002